Âgée d’à peine 18 ans, la jeune Yusra Mardini a du nager pour survivre, entourée d’autres réfugiés, naufragés au milieu de la mer Méditerranée. « Tout le monde priait dans le bateau. C’est dur de penser, quand on est nageur, qu’on peut mourir noyé », se souvient l’athlète, qui participera aux JO Rio 2016 en Août prochain, sous les couleurs du drapeau olympique de l’équipe des réfugiés.
Le parcours de Yusra illustre, comme beaucoup d’autres, le message de la Journée Mondiale des Réfugiés, célébrée ce lundi 20 juin, à l’initiative du CIO et de l’Organisation des Nations Unies.
Yusra et sa sœur ont du fuir Damas, la capitale syrienne, meurtrie par des années de guerre civile. Elles ont d’abord rejoint Beyrouth, après être passées par Istanbul, en Turquie, et traversé la mer Méditerranée pour arriver sur l’ile grecque de Lesbos. Aujourd’hui, elles vivent à Berlin, en Allemagne.
Pendant leur traversée, le moteur de leur embarcation tombe en panne. Au lieu des 6 passagers autorisés, 200 personnes sont à bord. Tous risquent de mourir noyés. « Parmi nous, seules 4 savaient nager », se souvient l’athlète, qui a réussi, avec sa sœur et une troisième femme à pousser le bateau jusqu’à une plage.

Avant de quitter son pays, Yusra a défendu les couleurs de la Syrie aux Mondiaux de Natation (Photo : Getty Images/ Alexander Hassenstein)
Le projet du CIO
L’idée de créer une équipe olympique de réfugiés émane du CIO, qui a décidé, en 2015, d’aider les Comité olympiques nationaux à créer des programmes pour ces sportifs de haut niveau, en débloquant 2 millions de dollars. L’objectif était d’identifier des talents capables de faire partie des prochains JO.
Yusra s’entraîne dans l’un des clubs de natation les plus anciens de Berlin, le Wasserfreunde Spandau 04, un travail qui lui a permis de faire partie de 10 réfugiés de l’équipe olympique.

Yusra Mardini s’entraîne à Berlin et défendra les couleurs du drapeau du CIO pendant les JO (Photo : CIO)
Après avoir représenté la Syrie aux Mondiaux de Natation en 2012, Yusra espère maintenant profiter de son expérience olympique.
« Je vais pouvoir partager tout ce que j’aurais vécu ici, à Rio de Janeiro. Je veux montrer aux migrants qu’après les déchirements et les tempêtes peuvent venir des jours meilleurs ».
Parmi les 9 autres athlètes de l’équipe des réfugiés, un autre nageur syrien, cinq courreurs du Soudan du Sud, deux judokas de République Démocratique du Congo et un marathonien d’Ethiopie.
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