#Aveclesréfugiés: Abdoulaye Kaba, guinéen, brandit la flamme olympique
Le joueur de football de deuxième division du championnat Carioca Sub-20 rêve d'une carrière
Approfondissez votre expériences des Jeux.
Téléchargement (disponible en anglais)Le joueur de football de deuxième division du championnat Carioca Sub-20 rêve d'une carrière
Abdou fuit la Guinée à 14 ans et arrive à Rio seul et sans parler portugais (Photo: Rio 2016/André Naddeo)
Sur le terrain de football de São Gonçalense, club de deuxième division du championnat carioca Sub-20, Abdoulaye Kaba esquisse un sourire et plaisante : "Beaucoup de gens vont me voir à la télévision. Je crois que je vais devenir célèbre." Abdou, comme l'appellent ses coéquipiers, a été choisi pour porter la flamme Olympique à Curitiba, jeudi dernier (14 juillet). "Je dors, je rêve et je me réveille en pensant encore à ce bonheur."

Après avoir donné des interviews et posé pour les photos, Abdou a brandi la torche avec bonheur "Le Brésil est un grand pays" (Photo Rio 2016/André Luiz Mello)
Face à la plus grande crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre Mondiale, l'ONU évalue à 65 millions, le nombre de déplacés fuyant les conflits et les violations des droits de l'homme à travers le monde. Le relai de la flamme Olympique rend ainsi hommage à tous ceux qui cherchent un refuge pour reconstruir une vie, en paix loin des guerres et des conflits.
En Grèce, le réfugié syrien Ibrahim al-Hussein avait déjà porté la torche puis le mois dernier à Manaus, ce fut autour du haïtien Abdias Dolce. “Les Jeux Olympiques! C'est le plus grand événement du monde. Qui ne voudrait pas être à ma place?" s'enthousiasme Abdoulaye.

Le jeune garçon a dû précipitamment quitter Conacri, la capitale de sa Guinée natale lorsque son père, un général célèbre dans le pays, fut accusé de tentative de coup d'état. Il a alors 14 ans. Après avoir transité par le Sénégal et par l'Espagne, sa fuite prend fin au Brésil. “Je ne connaissais personne, je ne parlais pas la langue”, se souvient - il. “Je suis resté à l'aéroport de Rio de Janeiro, sans savoir ce que je pourrais bien faire”.
La chance lui sourit alors. Grâce à un sénégalais rencontré dans l'avion, il fait la connaissance d'un compatriote guinéen habitant à Niterói. Il s'installe chez lui et commence le football via un projet social d'insertion par le sport (Karanba). Alors qu'en Guinée, sa famille vit cachée et que son père est en prison, Abdou trouve finalement refuge dans la maison de l'entraîneur de São Gonçalense, Diego Reis.

L'entraîneur Diego Reis est comme un père pour Abdou qui a trouvé une famille adoptive (photo: Rio 2016/André Naddeo)
Un jour durant un entraînement, Abdou s'évanouit sur le terrain faute d'avoir pu se nourrir. L'entraîneur l'invite alors à venir vivre avec sa famille. “J'ai raconté son histoire à ma femme et elle a accepté de le recevoir chez nous." raconte Diego Reis. "C'était il y a presque trois ans. Ma fille de sept mois le considère comme son grand frère”. “Il est mon père brésilien”, affirme de son côté le footballeur. “Je me sens heureux et chez moi, prêt à courir après mon rêve”.
Dimanche dernier (10 juillet), le jeune guinéen a trouvé un nouveau modèle d'inspiration : Eder, l'attaquant de la sélection du Portugal qui a marqué le but de la victoire en finale de la Coupe d'Europe contre la France. Eder est natif de Guinée-Bissau, pays voisin au sien alors Abdou sourit encore. “J'ai été très heureux. Lui aussi est un immigré.”, souligne-t-il. “Qui sait un jour, peut être à mon tour, je marquerai un but aussi important?"
Découvrez les autres portraits de réfugiés :
#Aveclesréfugiés : Paulo Lokoro, le berger devenu athlète olympique
#Aveclesréfugiés: Les judokas, premiers visiteurs du Village olympique
#Aveclesréfugiés: l’athlète qui a sauvé 20 personnes de la noyade participe aux Jeux Rio 2016
#Aveclesréfugiés : Yiech Pur Biel, un "enfant perdu" devenu athlète
#Aveclesréfugiés: Anjelina Nadai Lohalith espère que Rio 2016 l’aidera à retrouver ses parents